samedi, février 11, 2012

CONVOYAGE


Comme disait un de mes amis « dans convoyage il y a voyage mais y a pas que ça! »

Mais bon quand on aime... Alors un convoyage ça commence souvent par un coup de fil pour un départ imminent... Cette fois-ci c'est Grenade/Le Marin avec un Dufour 385 en 48 h... Je prends... Et c'est parti...

Avion à 10 h mais comme le taxi est en retard et les embouteillages présents... C'est la course qui commence... Ouf juste à temps pour l'embarquement mais même pas le temps d'acheter une revue ni un sandwich... Arrivée à Grenade 3 h après, assoiffé. Ils ne donnent rien à bord. Les clients que je dois rencontrer sont déjà partis... Pas d'inventaire... C'est souvent comme ça. Mais bon tout semble être là et ils ont laissé des factures et un mot... en Anglais puisqu'ils sont Allemands.

Manifestement ils ont eu pas mal de soucis: moteur, grand voile, génois, hors bord...

Mais c'est réparé...

Ah(question) le plein de gasoil? La jauge ne fonctionne pas... Mais pour le plein c'est l'autre marina en face... ha! (déception). Mais bon quelques courses vite fait, la douane vite fait et c'est parti... Pour le yacht club en face et son gasoil. Le préposé n'est pas pressé... Je me démerde tout seul pour accoster oh! (stress)



Il est 16 h. En route pour Carriacou, 30 miles soit environ 6 h.

C'est du près avec vent modéré ça veut dire moteur histoire de faire du cap... Mais enfin je peux me poser... Ouf (soulagement)... Mais que se passe t-il donc? Les planchers sont presque à flotter... D'où vient l'eau? Où est la pompe de cale? L'électrique, la manuelle? L'électrique j'ai trouvé mais ça n'évacue guère... Alors j'attaque à la casserole... Ca ne m'a pas l'air d'être très efficace. Un coup d'oeil sur le moteur... Mais c'est bien sûr... Le tuyau de refroidissement est percé et ça coule vraiment... Que faire? Le moteur est chaud brûlant, ça bouge... Je mets des serviettes serrées... Hum rien de mieux... Et bien je vais pomper (car j'ai trouvé la pompe à main) jusqu'à l'arrivée... On se fait à tout...
Et j'arrive! Mais le moteur est brûlant alors on verra ça demain matin... A 5 h c'est déjà le matin, l'heure de se lever, question: le petit dèj d'abord ou le moteur? Le petit dej, ça permet de réfléchir. Ma recette (de toutes façons y a pas le choix faut essayer quelque chose) Bien sécher le tuyau, l'entourer d'un ruban adhésif puis d'un plastic d'emballage, le tout saucissonné avec du bout de 4 mm... Résultat? Pas une goutte d'eau à couler et ça tiendra jusqu'à l'arrivée.(ouf de soulagement)

Ca m'arrange que la fuite soit bouchée car pomper c'est chiant et l'étape du jour c'est 90 miles. Vent dans le nez au moteur avec l'appui de la grand voile. Bien secoué mais les îles défilent... Je rencontre ALEX un boy boat en attente derrière une pointe à Wallilabou. Je lui donne des nouvelles de notre ami commun Mathieu. Et puis le canal de St Vincent fidèle à sa réputation: shaker et arrosage. Arrivée vers les Pitons avec un vent merdique. Il fait nuit, je longe la côte et là CRACK la grand voile est en deux morceaux... J'affale le tout et route moteur pour les quelques miles qui restent. Arrivée à Anse la Raye. C'est un peu rouleur mais bon le sommeil vient vite.



6 h debout... Il tombe des cordes... Et la grand voile? Et bien ce sera avec 2 ris, c'est tout ce qui reste et puis c'est venté en plus de la pluie... Comme j'ai déjà fait 25 h de moteur et que je ne connais pas trop la capacité du réservoir je fais un appoint à Marigot Bay. Le préposé me dit qu'il me servira quand la pluie s'arrêtera... Belle philosophie que je partage sauf que ce jour elle n'a pas l'air de s'arrêter. Finalement il me sert lors d'une accalmie. Il est surpris que je sois seul, encore plus que je vienne de si loin... Mais c'est parti pour la Martinique. Devant Castries je me prends une rafale qui couche quasiment le bateau... Tiens la voile a tenu! Et un peu plus loin un grain colossal que j'y vois pas à 20 m. J'arrive au Marin avec une fois de plus la douche et le shaker!!! Mais bon je suis prêt à y retourner on ne se refait pas.



3 Comments:

Anonymous P. revenant de Polynésie said...

En parlant de voyage ... suite à la remarque de fin d'article "... on ne se refait pas..."

J'ai lu ceci ce matin :

"Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est à dire de l’enracinement, de l’identité, et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre ; jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue."

Mythe mélanésien de l’île du Vanuatu

2:50 AM  
Blogger véro said...

P.revenant de Polynésie a posté une si belle phrase ... j'en reste presque sans voix ...
juste une question , capitaine : la prochaine fois que tu sors avec un bateau de location , tu prévois le naufrage ???

9:54 AM  
Anonymous Anonyme said...

Doit on en conclure (si conclusion il y a ... ?) que c'est de son identité et de ses racines que l'homme tire son envie de voyager ?

10:48 AM  

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