mercredi, avril 18, 2018

PATAGONIE Février 2018


Glacier PIA… émouvant...
Deux mois déjà depuis ce périple mémorable.
La Patagonie c'est bien un expédition: ça se prépare longtemps à l'avance, c'est loin et il faut avoir envie de changer de monde, ses habitudes, son confort.
Et puis à deux c'est plus facile surtout accompagné de Véro, réactive, toujours de bonne humeur et d'un optimisme implacable.

Miami...

Ca commence par une étape à Miami… chez des amis de Véro. Ca ne plaisante pas chez les amis de Véro: villa de 600 m2 (je n'imaginais pas que ça existait à part dans les films) avec piscine, bateau en contre-bas… Dépaysement assuré. On prendra le temps de visiter un peu la ville… Les motards ne portent pas de casque en Floride, surprenant non?


Départ de Buenos Aires vers Ushuaia
Arrêt d'une nuit, en transit, et départ le lendemain… 
il fait 32 °


USHUAIA

Coup de froid à l'arrivée, la neige fondue nous attend…
Alors  Ushuaia? un nom qui fait rêver… Et bien déçu. C'est 50 000 habitants et très touristique… 3 paquebots s'arrêtent chaque jour et en ville c'est un magasin de souvenir à côté d'un magasin de trekking et ainsi de suite… Parce que c'est le top, faire de la rando en Terre de feu… Y a de quoi faire il est vrai.
On a passé 2 jours à arpenter la ville dans le froid humide et visité le Parqué Nacional Tierra del Fuego…


Notre bateau ANTIPODE 
Mais c'est pas le tout un bateau nous attend… Je l'ai bien trouvé au ponton mais personne à bord… Finalement je rencontre sur le parking, Christophe et son matelot Carolina qui arrivent avec l'avitaillement. Arrive ensuite une équipière bateau stoppeuse Aurore…


Avitaillement...
On charge donc tout l'avitaillement à bord, on s'installe… On est donc 5 peut être une sixième… mais c'est pas sûr.


Départ le lendemain vers Puerto William, ville Chilienne où on fait les formalités d'entrée, car maintenant tout se passe au Chili. Ca démarre fort avec un vent portant 40 à 50 noeuds sous foc seul.. (je me demande quand même si l'anémomètre n'est pas un peu boosté)


PUERTO WILLIAM
Nous passons 2 jours à Puerto William pour cause de mauvais temps, c'est à dire vent d'ouest fort. On en profite pour visiter ce village de 2000 habitants dont 1500 militaires. on est bien loin d'Ushuaia et de ses touristes. On rencontre aussi quelques équipages voisins puisqu'il y a 25 voiliers en escale. Des familles, des navigateurs solitaires et des charters qui attendent une fenêtre météo pour aller en Antartique. Il y a 10 bateaux de charter dans le secteur qui font l'Antarctique, le Cap Horn, les canaux de Patagonie...


Agneau entier...
Et puis on finit par partir pour une nav de 30 miles plus à l'ouest qu'Ushuaia… Le vent est d'ouest modéré c'est donc au moteur en tirant des bords sous GV avec un ris qu'on attaque l'expédition. Christophe nous a prévenu il nous laisse manoeuvrer et intervient quand c'est chaud… ce qui est rare vue la température extérieure ah! ah! ah!
On sort aussitôt la viande cachée lors du passage des autorités sanitaires Chiliennes… Un agneau entier, une pièce de boeuf de 25 kg…et on amarre le tout à l'arrière du bateau



Premier bord: Puerto William vers l'ouest de nuit...


1er arrêt: Caleta Martinez...
Au début ça va bien, on est partis tard mais on devrait être arrivés au petit matin. Les quarts sont établis, ça caille, 5 ° mais on est équipés… Et puis pendant mon quart j'aperçois une barre franchement grise à l'horizon. Il doit être 22 h la nuit tombe doucement. Je préviens le capitaine qui me dit aussitôt "On va prendre 3 ris direct" ce qui est fait rapidement… et en effet le vent monte et monte à 25, 30, 35, 40 noeuds 45, 50, 55 le tout en tirant des bords avec 2 miles de largeur et géré de l'intérieur avec le radar. Il y a des cailloux, les ilôts pas loin, je surveille.. on continue puis l'anémomètre se bloque… après 55 noeuds il fait plus rien…. La mer se creuse, ça déferle… fait toujours froid… Et Christophe me dit "c'est chaud, vite va affaler la GV on taille en fuite" Donc sans harnais, bien gîtés, je rampe sur le pont et m'accroche aux filières pour atteindre le mât. (Le bateau fait 16 m). Ca se passe bien… Et on part en fuite à sec de toile à 7 noeuds… D'où on vient donc… Parmi les hypothèses on retourne à Puerto William… Mais après 2 heures de fuite ça mollit à 35 noeuds donc on reprend le près appuyé du moteur. Pas de chance pendant mon quart de repos c'était fuite tranquille et maintenant que je reviens faut hisser la GV. On y parvient difficilement la drisse s'étant prise dans une barre de flèche. Et c'est reparti… Vers 5 h ça remonte 40, 45 50 noeuds, il est question de repartir en fuite mais ça remollit à 35 noeuds. On continue donc un peu de façon à se trouver vent de travers par rapport à l'objectif. C'est donc sans GV et sous tourmentin qu'on gagne la caleta Martinez. Nous sommes le mercredi 14 février
On a perdu 25 kg de bœuf mal amarré. La caleta est d'un calme absolu alors que dehors ça souffle toujours

Kelp

Otaries...

Jeudi 15 février. Départ 6 h vers l'ouest et le froid de la cordillère Darwin . Beaucoup d'algues dans l'ancre (kelp). Vent de nord faible.  Magnifique. Vu aussi des otaries, des canards vapeur. Dégustation de maté préparé par le sebador en l'occurrence Christophe. 
C'est la grande journée: les glaciers s'enchaînent, on déambule, on en prend plein les yeux.



Un des nombreux glaciers
Glaçons flottants à récupérer pour l'apéro...
Direction Caleta Beaulieu pour mouillage avec glacier devant. Récupération de glace flottante pour l'apéro
Et ça continue... bouts à terre, pas de boy boat pour aider. Pose du casier à centollia et pose du filet de pêche . Mais il est l'heure du pisco... boisson Chilienne / Péruvienne. Régulièrement le glacier gronde… On est seuls au monde. (expression ambiguë: comment peut-on être seul à plusieurs?)




Glaçon échoué à marée basse


Champagne à température idéale.































Vendredi 16... pêche miraculeuse des centollon ... plus petits que les centolla donc comme des araignées en Bretagne. Puis direction Le glacier Pia pour un pique-nique. Débarquement sur une plage. On tire l'annexe les pieds dans l'eau fait frais!!! C'est magique… Champagne… Le glacier gronde toujours. De retour au bateau cette fois les centolla sont là... du caviar paraît il.. 






Lever de soleil...
Pêcheurs Chiliens qui échangent centollas et oursins contre tabac et vin...
Bricolage d'un pompe de secours...
Samedi 17. Lever 3 h et après toutes les manœuvres de départ slalom de nuit entre les morceaux de glace... lever de soleil grandiose qui ne réchauffe guère. Rencontre de pêcheurs Chiliens peu avant midi. Troc et photos... les filles du bord ont un franc succès. Puis route vers l'ouest grisaille et quelques gouttes, changement de décors. Finis les glaciers Un voilier tire des bords... Nuit en mer en vue... par le canal de Brecknot. Faut avancer quand le vent est modéré. 18 h arrêt moteur le refroidissement ne se fait plus. Pompe eau de mer HS. S'en suit l'installation d'une pompe provisoire. Après une heure de réparation ça repart. Faudra juste penser à arrêter le moteur en même temps que la pompe... Quarts humides et ventés à tirer des bords voile et moteur. Finalement arrêt à l'ilas Constance, caletta Saint Louis car le vent fort prévu arrive. Il est 7 h. Le capitaine parle alors de changer le trajet: on n'aura pas le temps d'aller à Puerto Natales, donc Punta Arenas semble plus adapté..



Notre trajet en orangé… Le passage de Magellan pour les gros bateaux en pointillés. Puerto Natalès plus haut dans le nord-ouest


Après un repos court perturbé par des pêcheurs en quête de Tabac on passe la journée là. Amarrage avec 2 bouts à terre. 


Lundi 19. Départ Caletta  Saint Louis à 14 h. Vent de nord dans le nez. Tirons des bords avec appuis moteur. Il pleut on se croirait en Manche. (l'hiver). Direction canal Acwalisman pour rejoindre canal de Magellan. Le pilote fait des caprices!!! Puis va mieux. Fait frisquet en général à partir de 18 h. 20 h 30 arrêt à l'anse Elsa caletta du même nom. Il pleut. Les prévisions météo sont mauvaises pour les jours à venir. Mauvaise manipulation au moment de l'arrêt moteur, de l'eau serait passée dans un cylindre...  Stage mécanique à venir. 





Mardi 20 février les rapaces ont encore attaqué la viande mais on voit le soleil. Remise en route du moteur après démontage des injecteurs et après avoir vidé l'eau à l'intérieur. Un miracle? De mon point de vue oui, à priori non… Pose du filet et virée dans une Anse non répertoriée sur les cartes. Pas de BBQ le soir sur la côte car il pleut. 




Feu de camp bateau au second plan...
Gigot cuit sur la pierre excellent...
































Mercredi 21 février: grand vent d'ouest, on attend. Grains successifs... relevé du filet à 15 h. Un seul poisson... pleut toujours et fait froid. 
Jeudi 22 départ Anse Elsa à 15 h. Moteur... Petite nav en vue... Et 17 h 30 fin de manœuvres d'amarrage à l'anse Murray. Soirée BBQ sur plage de galets en ciré complet. Gigot d'agneau excellent. Mais qu'est-ce qui caille…

Un centolla...hum avec du blanc et une mayo  extra mais je préfère l'araignée...

Un des multiplies apéros...



































 Vendredi 23. Journée sans bouger. El capitaine se lève à midi déjeune regarde le ciel et dit qu'on part pas. Pourtant le vent est portant et c'est pas la tempête. C'est au ralenti encore aujourd'hui dur... on s'occupe: pêche et lecture. 





50 noeuds au bon plein sous foc seul… ça décoiffe.
Punta Arénas débarquement...


Samedi 24: lever 5 h ben oui faut bien y aller non? Réveil en musique: Piaf!!! Ça commence bien un concentré de joie de vivre, je déteste... Mais Carolina, Chilienne pense qu'on écoute ça en France… 7 h c'est parti. Moteur y a pas de vent. Et vent dans le nez. Tiens donc... et puis le vent rentre jusqu'à 50 noeuds et plus, donc foc de route GV à 3 ris au bon plein à 8 noeuds. On ballaste au côté au vent… Et là cerise sur le gâteau: baleine et dauphins pour le final. Mouillage par 5 m d'eau le vent est tombé nous sommes à Punta Arenas. Expédition terminée.




2 Comments:

Anonymous P.rudent said...

Effectivement l'anémomètre pose question : naviguer au près serré (à 20°), avec 49,4 nœuds de vent dans le nez, je demande à voir ...
En fait non : je serais mieux à la maison ...

11:19 PM  
Anonymous véro nord métro said...

Wouah !
C'est l'aventure, la vraie :)

8:41 AM  

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